Oui, certainement, puisque l’on voit depuis plusieurs années les métiers de l’humain tels que soignants, enseignants, travailleurs sociaux, personnels de l’institution judiciaire payer un lourd tribut à ce que l’on pourrait appeler « l’usure émotionnelle ».
Ce qui caractérise ces professionnels, c’est essentiellement leur volonté de combler le manque de l’autre et de réparer les failles de fonctionnement des institutions ou entreprises auxquelles ils sont attachés souvent par vocation, et pour lesquelles ils collaborent depuis de nombreuses années.
On trouve au sein de ces professions des personnes surinvesties, souvent perfectionnistes et habitées d’une telle exigence que l’on peut parler de « surmoi professionnel tyrannique ». Depuis la crise du COVID notamment, on a vu se multiplier parmi ces professionnels des burn-out en série et des effondrements narcissiques.

Ces patients trouvent dans l’acte analytique l’espace de liberté nécessaire pour interroger cette dette inconsciente accumulée depuis tant d’années et qui les a poussés à l’épuisement.
Ce sont à la fois des sujets touchés par le « burn-out » (assimilé au surmenage) mais également par le « bore-out » (ennui mortel) ou le « brown-out » (perte totale du sens de la vie et des tâches répétitives qui leur sont demandées.)
Leurs symptômes apparaissent souvent comme des révoltes de l’inconscient car leur demande d’amour et de reconnaissance n’est plus comblée par une institution qui devient pour eux mortifère.
L’épuisement professionnel que ressentent de la même manière les médecins, infirmiers, magistrats, greffiers et avocats que l’on réunit sous ce même vocable de « métiers du service », est souvent le point de rupture qui permet l’entrée de plain pied dans l’acte analytique, où ils trouvent alors le champ de travail idéal permettant à leur pulsion de vie de pouvoir enfin renaître.



